Les spécialistes le savent, le tirage au sort, c’est crucial dans une compétition de judo. En se voyant désigner d’entrée l’US Orléans, les Francs-comtois ne se faisaient pas d’illusion sur leur sort et ne songeait, à ce moment de la compétition, qu’à assurer leur maintien.
Le scénario se déroulait implacablement. Seul Barata, vainqueur de l’expérimenté Legrand, permettait à son équipe de sauver l’honneur (6-1) devant un adversaire de qualité qui alignait des pointures comme Rodriguez, Khaldoun et le talentueux espoir Vinolo.
Les choses s’amélioraient sensiblement au premier tour de repêchage. Opposés à la modeste formation de Floirac, septième des championnats de France de 2éme division et dernier qualifié pour l’élite, les Franc-comtois, sans pour autant se montrer irrésistibles, assuraient rapidement l’essentiel, c'est-à-dire le maintien en première division, Jérôme Wüstner, la recrue, montrant d’emblée la voie à suivre (6-1).
Pour faire aussi bien qu’en 2007, les hommes de Jean Pourchet et de Thierry Deval, c'est-à-dire finir à la cinquième place, ils devaient alors terrasser Lagardère Paris, autrement dit, réussir un exploit retentissant.
UN EXPLOIT RETENTISSANT
Nous assistions à une rencontre totalement délirante, digne d’une rencontre de sport collectif. Menés 3-1 après que Humbert ait été battu de peu par Riner, les régionaux paraissaient arrivés au bon du voyage. Erreur ! Jérôme Peyrard l’emportait par forfait, son adversaire étant blessé (3-2), avant que Lilian Barreyre, auteur d’une clé de bras aux dépens de Milous ne l’emporte de justesse et décroche le nul sur le fil (3-3).Un nul synonyme de qualification car avec 25 points contre 17, les Francs-comtois se payaient la peau de Lagardère, le club des « Millionnaires parisiens », à la surprise générale il faut bien le dire.
A ce moment de la compétition, les judokas du président Pierre Champion se retrouvaient exactement dans la même situation qu’à Laval en 2007, c'est-à-dire confrontés à l’Alliance Dijon 21 dans leur quête pour la troisième place. Mais cette fois, FCJB sortait des repêchages et Dijon d’une demi-finale perdue contre Levallois, futur champion de France.
LA REVANCHE
Une fois encore, les Francs-comtois allaient mettre les nerfs de leurs supporters à rude épreuve. Grâce à M’Baye, Clément et Wüstner, à créditer d’un superbe « armblock » sur Joly, FCJB se trouvait nanti d’une avance confortable (3-1). Une victoire suffisait pour obtenir gain de cause. Mais Monot et Morland remettaient les compteurs à zéro (3-3).
En accord avec son « rival » et néanmoins ami Christophe Barata, Julien Ribère montait sur le tatami en 73 kg. Un choix payant puisqu’il en tremblait pour conserver un yuko acquis à trois minutes de la fin.
Pour la première fois de son histoire, F.Comté Judo Besançon montait sur le podium des championnats de France 2008. Profitant de la troisième place obtenue par Levallois en coupe d’Europe à Tallin, la France pourra aligner quatre représentants en 2009, ce qui signifiait que Levallois, Orléans, l’ACBB et… Franche-Comté Judo Besançon obtenaient leur billet pour l’Europe ! Une fois encore, David venait de terrasser Goliath. La nuit appartenait à ces intrépides et indomptables judokas venus de nul part finir devant des clubs dont le budget est généralement considéré comme deux, trois, voire même quatre fois supérieur au leur.
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