Plus expérimenté que les précédents adversaires de Khedafi Djelkhir, Bismarck Alfaro (22 ans) n'avait rien d'un faire-valoir. Les 5.000 spectateurs présents à la halle Carpentier pour assister au retour de Jean-Marc Mormeck après deux ans d'interruption, le comprenaient rapidement.
Même s'il se retroubait au sol dans le premier round, Alfaro réagissait et repartait de plus belle au combat.Sans rien lâcher.
En jambe, variant ses coups, Khedafi Djelkhir accélérait dans la quatrième reprise et le Vénézuélien, dépassé, était à nouveau compté. Concentré, appliqué, Khedafi Djelkhir avait les choses en mains. Pour denombreux observateurs, il s'adjugeait les... six rounds. Le décompte des trois juges était d'ailleurs sans appel (60-53, 60-57, 60-55).
Au terme d'un combat qui a vu le public se...lever pour l'encourager, le Bisontin restait modeste : " Il faut être deux pour faire un beau combat ! J'ai eu un combat dur mais extrémement formateur."
" Le public parisien m'a découvert "
Au delà d'une victoire qui était indispensable, Khedafi Djelkhir découvrait par la même occasion un univers tout à fait nouveau pour lui : " C'est vraiment quelque chose de boxer à Paris. Le public Il y avait la queue devant l'entrée et on a frôlé l'émeute. C'est la première fois que je sens 5.000 spectateurs me pousser ainsi de la voix. J'ai vibré pendant tout le combat " avant d'enchaîner : " Le public parisien m'a découvert à l'occasion de cette réunion. Les Jeux Olympiques, c'est une chose. Le monde professonnel en est un autre."
En dépit d'une euphorie ambiante parfaitement compréhensible, le jeune boxeur bisontin demeurait lucide : " Avec cinq combats au compteur, je suis arrivé au tiers de mon apprentissage. Je suis toujours un néo-pro même si ce combat marque un tournant. Même si tout se passe comme je l'espérais, je n'en suis qu'aux prémices d'une carrière qui commence."
En dépit de plusieurs propositions assez sérieuses, il s'est réservé le droit de patienter et surtout le temps de la réflexion.
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